Une bande d’artistes sous-financé·es s'attaque à rien de moins que… le sens de la vie. Sur scène, les interprètes convient le public à une grande messe bricolée, entre rituel collectif et thérapie improvisée. On y parle de foi, d’art, d’amour, de politique, d’épuisement et de convictions.
Jusqu’à ce que l’apparition d’un extraterrestre et d’un « Grand Ordinateur » aux allures de divinité technologique fasse dérailler la cérémonie. Le sens devient alors une marchandise parmi d’autres, et ce qui semblait tenir debout commence tranquillement à glisser.
Après son passage à guichet fermé au CTD’A en 2026, la comédie noire Glissant glissant reprend vie à la Cinquième Salle de la Place des Arts, avec à peine plus de moyens qu’à la salle Jean-Claude Germain et un discours encore plus mordant sur notre besoin de croire.
Intégrant directement ses conditions de création — faible financement, précarité, fatigue — et insérant de savoureuses pointes contre l’actualité politique, la pièce carbure à l’autodérision et à l'excès. Avec presque rien sur scène, elle fait du théâtre un lieu fragile mais vivant, où l’on peut encore se rassembler, douter ensemble et continuer à pousser la roche au sommet de la montagne.
Écrite par François Ruel-Côté (comédien, auteur et humoriste du défunt duo Brick et Brack), et mise en scène par Cédrik Lapratte-Roy, cette création loufoque du Théâtre La moindre des choses cache, sous « une couche d’absurde assumée » (Revue JEU) un propos lucide sur la précarité du milieu culturel et fait du théâtre « un lieu où l’on peut encore rire ensemble de ce qui nous écrase. »
« Alors que notre Culture n'est plus qu'un grand panneau publicitaire où on immole des artistes, j'ai voulu profiter de ce privilège qu'offre encore le théâtre pour créer et dire sans compromis. Ici on peut faire ce qu'on veut... mais avec pas d'argent. » — François Ruel-Côté