Symphonie du vivant: le film Murmures en symbiose naturelle avec l’OM

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Ce 1er novembre, le film Murmures de Marie-Julie Dallaire s’offre une avant-première faste : une projection à la Maison symphonique, et sa musique originale, composée par Anaïs Larocque, interprétée en direct par l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Alors que se peaufinent les derniers détails de l’œuvre, la réalisatrice et la compositrice nous parlent de cette grande collaboration naturelle et artistique.

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Au départ, il y a le plongeur et cinéaste sous-marin Mario Cyr, qui rêve depuis longtemps d’un documentaire sans narration, porté uniquement par la nature. Il évoque l’idée à Yannick Nézet-Séguin qui se joint dans l’aventure avec l’Orchestre Métropolitain. Le projet cheminera de la boîte de production PVP Média jusqu’à TV5, qui souhaitera insuffler au projet naissant une dimension cinématographique.

« C’est comme ça que je suis arrivée sur le projet! » lance Marie-Julie Dallaire.

Active derrière la caméra depuis trente ans, cette ex-participante à La Course destination monde s’est notamment illustrée en 2021 avec son documentaire Comme une vague, couronné par trois prix Iris.

Le défi qu’elle accepte est ambitieux : célébrer la faune d’ici en rompant avec les codes du documentaire animalier classique. « Il fallait penser le projet autrement, continue Marie-Julie Dallaire. Je me suis donc entourée d’une équipe issue de la fiction. “Faire autrement” est d’ailleurs resté notre mantra du début à la fin… »

Cette volonté de « faire autrement » trouve également écho chez la jeune compositrice Anaïs Larocque, qui collabore pour la première fois avec la réalisatrice et l’Orchestre Métropolitain. « Nous partagions sensiblement la même vision artistique du projet. Cette sensibilité partagée par rapport au sujet et à la philosophie du film. »

Histoires sans paroles

Murmures est une fresque du vivant qui se vit plutôt qu’elle ne s’explique. Fous de Bassan, bélugas, phoques gris, ours polaire… « La nature est plus grande que tout, rappelle la compositrice Anaïs Larocque, elle nous émerveille, nous émeut et nous ramène souvent à l'essentiel ». À l’écran, la faune est observée, mais elle nous observe également.

« Je voulais recréer au cinéma cette curiosité qu’on a quand on se retrouve en nature, explique la cinéaste. Ce qui est fascinant, en revanche, c’est qu’on se fait beaucoup observer aussi! Les animaux regardent vers la caméra, et le spectateur se fait interpeller. Il a l’impression qu’il va aller voir des animaux, il se fait plutôt regarder par eux! Une connexion s’établit. »

Au-delà de cet échange, la réalisatrice s’est également attardée à la posture d’observation : « L’idée était d’avoir un regard humble et de faire ressortir le fait que ces animaux ont une conscience, des émotions et une individualité. » Car chaque animal est un individu unique, rappelle la réalisatrice. « Ce n’est pas évident de le montrer en images, reconnaît-elle cependant. On a trouvé des mises en scène pour arriver à faire comprendre que chaque cerf de Virginie ou chaque phoque est différent. C’est ça, le propos du film. »

Son et images à l'unisson

Marie-Julie Dallaire insiste à plusieurs reprises sur le rôle central de la musique dans ce projet.

« On voulait révéler les émotions des animaux, explique-t-elle. Comme la musique donne une lecture sensible aux images, les morceaux composés par Anaïs Larocque portaient des noms d’émotions pendant la création : cauchemar, espoir, etc. L’objectif, c’était que le son et l’image deviennent indissociables. » 

La compositrice s’est dite particulièrement inspirée par la musique nordique, « celle qui évoque les grands espaces, le souffle du vent et une certaine intériorité ». Elle cite notamment le travail du regretté Jóhann Jóhannsson, de Viktor Orri Árnason et d'Ólafur Arnalds, dont les œuvres témoignent d'une grande sensibilité en mariant à la fois textures organiques, vocales et électroniques. 

Le 1er novembre prochain, le public aura ainsi l’occasion d’entendre la partition originale d’Anaïs Larocque, interprétée par l’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, concrétisant ainsi un grand rêve pour la compositrice. Une véritable symphonie du vivant à grand déploiement en parfaite symbiose avec les images saisissantes de Marie-Julie Dallaire. 

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Auteur : Steve Proulx Date : 15 octobre 2026

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