Dans ce programme condensé, la force des individualités de l’Orchestre se déploie comme rarement.
Les Danses polovtsiennes de Borodine ouvrent la soirée dans une effervescence charnelle : chaque pupitre y brille, sollicité avec une virtuosité tantôt sauvage, tantôt caressante, comme si l’orchestre tout entier se muait en un ensemble de solistes. Puis surgit Schéhérazade, où la voix du violon – celle d’Andrew Wan – trace en filigrane le destin de l’héroïne des Mille et une nuits. Ses lignes souples et envoûtantes esquissent les stratégies, les doutes, la douceur et l’audace de cette femme qui apprivoise peu à peu le sultan et transforme sa propre histoire en salut. Deux œuvres qui magnifient la richesse expressive d’un orchestre en pleine incarnation.