Les Quatre Saisons du Québec : le plaisir musical selon François Dompierre

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Après avoir marqué notre cinéma en composant les bandes sonores de films cultes tels que Le Matou, Le Déclin de l’empire américain ou IXE-13, François Dompierre continue d’enrichir notre paysage musical avec le même feu.  

Officiellement retraité de la musique de film depuis le début des années 2000, malgré une exception notable en 2015 pour La Passion d’Augustine de Léa Pool, le compositeur de 83 ans savoure pleinement sa liberté de création. « J’écris des préludes pour piano, j’écris de la musique de concert, de la musique strictement inutile! » lance-t-il à la blague. 

Il nous présente à la Maison symphonique avec l’orchestre FILMharmonique sa toute dernière œuvre « inutile », Les Quatre Saisons du Québec, à l’occasion du concert Les Quatre Saisons : de Vivaldi à Dompierre, qui s’inscrit dans la tradition des grands maîtres tout en ayant les deux pieds bien plantés dans notre terroir. 

Une œuvre visuelle et populaire 

Conçue pour cordes et violon soliste, Les Quatre Saisons du Québec prend la forme d’un petit concerto qui marche dans les pas des célèbres Saisons d’Antonio Vivaldi. L’ambition de Dompierre n’est pas d’offrir une œuvre dense ou complexe, mais de renouer avec l’esprit du maître vénitien : « Je me suis un peu inspiré de ce qu’il voulait faire, c’est-à-dire une œuvre populaire, une œuvre de plaisir », confie-t-il. 

Pour nourrir cette fresque, le compositeur s’est tourné vers les traditions folkloriques qui ont façonné le Québec, piochant dans les influences acadiennes, irlandaises ou américaines. À l’instar d’Astor Piazzolla dans ses Quatre Saisons de Buenos Aires (également au programme), il insuffle à chaque mouvement un peu de l’ADN culturel de la belle province. 

L’inspiration vivaldienne se traduit également par une démarche poétique. Avant de composer, François Dompierre a ainsi rédigé quatre poèmes pour guider sa création, comme l’avait fait Vivaldi à son époque : « J’ai imaginé le printemps venu du fond des forêts avec des tambours autochtones ; l’été comme une chanson que nos grands-mères nous chantaient pour nous endormir ; l’automne comme une valse sous les pommiers ; et l’hiver comme une quadrille qui se dansait dans nos soirées en famille en attendant que la saison froide passe. » 

Cette approche très descriptive lui rappelle ses décennies passées à composer pour le grand écran. François Dompierre voit d’ailleurs un parallèle naturel entre le chef-d’œuvre de Vivaldi, qu’il qualifie d’« œuvre visuelle », et son propre instinct de ciné-compositeur. En fait, si Vivaldi avait vécu au XXIe siècle, il aurait sans doute fait de la musique de film, croit-il. 

Virtuosité et rigodon 

Derrière l’accessibilité apparente des airs de ses Quatre Saisons se cache néanmoins un réel défi d’exécution pour les interprètes. Si la musique folklorique repose habituellement sur une tradition orale et des structures harmoniques simples, François Dompierre enrichit ce répertoire en y injectant les codes du développement classique. « Ce n’est pas simple à jouer, particulièrement pour la soliste, souligne-t-il. Ça demande une bonne dose de virtuosité. » 

Présentée en première mondiale lors du spectacle Les Quatre Saisons : de Vivaldi à Dompierre, cette œuvre inédite partagera la scène de la Maison symphonique avec les Quatre Saisons de Vivaldi et celles d’Astor Piazzolla, les 11 septembre et 6 novembre prochains. L’album sortira quant à lui à la fin du mois d’août. 

Événement à venir

Auteur : Steve Proulx Date : 19 août 2026

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