Sans titre (Grille ornementale) (1962-1963) - Norman Slater

Crédit photo : Caroline Bergeron
Certains la nomment résille solaire, d’autres parlent plus poétiquement de peau extérieure, de dentelle de métal ou de béton… De nos jours, elle est devenue une mode, une forme de signature architecturale.
En ce début de 21e siècle, il est en effet courant de voir des bâtiments composés de grands murs-rideaux, de murs non porteurs, faits souvent de verre devant lesquels se dressent des treillis, des résilles solaires, structurées, ciselées par divers motifs… Cette structure ajourée a entre autres la fonction de protéger de la lumière et donc de la chaleur les espaces modernes très ouverts. Le de Young Museum à San Francisco (par Herzog et de Meuron) ou le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) à Marseille (par Rudy Ricciotti) en sont de bons exemples.
« Vu à une certaine distance, le mur a la qualité d’un velours sombre synonyme de spectacle théâtral, de robe de soirée, de smoking, de rideau de scène, etc.; de près, le mur prend une qualité plus directe, dynamique, excitante, et comme le théâtre lui-même, se met à performer ».
Lorsqu’en 1963 l’architecte, designer et artiste Norman Slater recouvre les côtés de la façade de la salle Wilfrid Pelletier d’un immense treillis d’aluminium, les précédents sont plutôt rares. Les grandes fenêtres de la façade du Lincoln Center à New York, ouvert en 1962, – et qui servit de modèle à la Place des arts – étaient certes rythmées par un dessin géométrique, mais l’intervention semble bien minimale comparée à celle de la Place des arts. Slater invente une imposante structure, une sculpture aux formes élégantes et aériennes. En fait, elle doit en grande partie sa volumétrie à des raisons fonctionnelles. Ces 8000 ailettes d’aluminium décrites en 1963 dans Alcan News par Slater comme étant noir, gris foncé, vert olive et bronze risquaient de devenir des perchoirs pour les pigeons… Slater consulta donc un ornithologue qui lui conseilla d’effiler et d’incliner (de 10o par rapport à l’horizontale) les plaques d’aluminium afin de les rendre peu praticables pour les oiseaux. Slater décrit ainsi le résultat de son travail : « Vu à une certaine distance, le mur a la qualité d’un velours sombre synonyme de spectacle théâtral, de robe de soirée, de smoking, de rideau de scène, etc.; de près, le mur prend une qualité plus directe, dynamique, excitante, et comme le théâtre lui-même, se met à performer ».
Sans titre (Grille ornementale) (1962-1963)
Norman Slater (1921-2003)
Situé sur la façade extérieure de la Salle Wilfrid-Pelletier
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