Armé·es de lunettes prompteurs, Catherine Dorion et Christian Lapointe se saisissent du texte de Simon-Pierre Beaudet pour en faire une performance entre cynisme et jubilation.
Du printemps arabe à Donald Trump, des promesses de la Silicon Valley à la dépendance numérique, de l’insouciance des millénariaux à l’écoanxiété de la génération suivante, Hubris montre, sans argumenter, comment nous en sommes arrivé·es là. Pour reprendre les mots de Simon-Pierre Beaudet, c’est « une histoire mondiale, mais vue d’ici », regardée défiler dans nos téléphones, à toute vitesse et sans toujours en saisir le sens. Peuplé de mouvements populaires, de chroniqueurs désabusés, d’autoritaires en quête de pouvoir et d’apartés qui nous détournent de l’essentiel, ce récit traversé par l’hubris — l’orgueil, l’arrogance et l’excès — se lit comme un prélude au nouveau désordre mondial. Armé·es de lunettes prompteurs, Catherine Dorion et Christian Lapointe se laissent traverser par cette partition aux obsédants leitmotivs. Entre leurs mains, le texte de Simon-Pierre Beaudet devient une performance pleine de bruit, de fureur et d’espoir, entre cynisme et jubilation.