Debbie Lynch-White au cœur de la chanson féminine
Y a-t-il un lien entre La vie d’factrie, de Clémence Desrochers, et Dear Mr. President, de Pink ? Dans l’esprit de Debbie Lynch-White, ces chansons et bien d’autres s’alignent avec une parfaite continuité. Son tour de chant intitulé Elle était une fois ose un parcours singulier dans une éclectique sélection de chansons écrites par des femmes. « Girl power » !
On connaissait Debbie Lynch-White l’actrice, pour ses rôles dans la série Unité 9 et la pièce J’accuse. Voici maintenant Debbie Lynch-White la chanteuse, dévoilée au grand public dans le film La Bolduc et prête à prendre la scène pour une grande tournée québécoise avec le spectacle Elle était une fois.
En vérité, pour Debbie Lynch-White, pousser la chansonnette a toujours été aussi vital que respirer. Dans la maison familiale, elle a vite appris à maîtriser sa voix pour accompagner son père à la guitare. Chez les Lynch-White, tout prétexte était bon pour entonner une chanson de Tracy Chapman ou de Pink Floyd, parfois même des versions toutes personnelles des chansons du film Le roi lion !
« Je suis une actrice avant tout, mais je serai toujours une actrice qui chante. »
« J’étais le genre d’enfant qui accueillait ses grands-parents avec une chanson dans la cuisine, se souvient-elle. J’aimais me donner en spectacle. J’ai aussi beaucoup chanté au secondaire dans différents concerts, affinant de plus en plus ma voix. Je suis une actrice avant tout, mais je serai toujours une actrice qui chante. »
La chanson pour prendre la parole
Avec Elle était une fois, la comédienne se fait plaisir en s’offrant un spectacle vraiment éclectique, qui puise autant dans le répertoire anglo que franco, s’abreuvant de chansons des cinq dernières décennies en ne s’imposant qu’une règle : toutes les chansons ont été écrites par des femmes.
Une seule exception : On ne change pas, interprétée par Céline Dion mais écrite par Erick Benzi et Jean-Jacques Goldman. Notre diva nationale mérite bien ce petit écart.
Le tour de chant propose aussi de célébrer la musique de Barbara autant que celle de Dominique Michel, en passant par Macy Gray, Safia Nolin et Adele. Entre autres.
Diversité ne rime pas pour autant avec éparpillement. Chacune des chansons choisies par l’actrice s’inscrit dans un parcours cohérent qui lui permet de se raconter ou de discuter de sujets chauds qui la préoccupent. Ce sera un tour de chant, mais aussi une conversation à bâtons rompus sur la vie, l’amour et la haine, avec des moments plus politiques. « J’ai de la jasette, dit-elle, alors il y aura beaucoup d’anecdotes ! »
« Dans la sélection, les chansons purement sentimentales sont aussi des prises de parole féminine fortes, ajoute-t-elle. Chez Anne Sylvestre, par exemple, ou chez Piaf, il y a une puissance dans l’amour et une admirable insoumission. Quand je chante ces chansons, j’ai l’impression que ces femmes me ressemblent dans leur manière d’aimer. »
« Chez Anne Sylvestre, par exemple, ou chez Piaf, il y a une puissance dans l’amour et une admirable insoumission. Quand je chante ces chansons, j’ai l’impression que ces femmes me ressemblent dans leur manière d’aimer. »
Plus le spectacle avancera et plus le politique s’emparera du micro, à travers les paroles de Pauline Julien ou de Pink, par exemple. « Dans Dear Mr. President, Pink s’adressait au président Bush, lui parlant notamment d’homosexualité. La chanson s’applique encore plus à Trump, à mon avis. C’est une grande chanson humaniste qui me remplit d’émotions. »
Femmes, je vous aime
L’air de rien, Elle était une fois déploie aussi un parcours historique dans la chanson féminine, racontant plus d’un demi-siècle d’écriture par des auteures-compositrices-interprètes. « Ça permet de constater la grande poésie des écritures au féminin, avance Debbie Lynch-White. Je remarque beaucoup de textes très imagés, mais qui n’en sont pas moins directs et percutants. »
L’actrice promet aussi un regard inusité sur certaines chansons québécoises dont les paroles n’ont été que peu analysées ou qui n’ont pas été appréciées à leur juste valeur, comme Si c’était vrai, de France d’Amour, « un superbe manifeste collectif en faveur de l’espoir », dit-elle.
Tout en cultivant une certaine simplicité, la soirée comportera évidemment une certaine théâtralité. S’adjoignant les services du metteur en scène Frédéric Dubois, Debbie Lynch-White voit ce concert comme un objet dramaturgique cohérent. La chanson lui sert de porte d’entrée vers un grand et beau récit.
Elle était une fois sera présenté en grande première au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le 22 février 2019.
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