Festival international de jazz de Montréal 2026 : et si on perdait l’équilibre?

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Au fil de ses 46 éditions, le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) ne s’est jamais laissé enfermer dans un carcan. On y va pour le jazz, bien sûr, mais aussi pour vibrer au rythme de propositions surprenantes, qui déplient la musique autrement. Allez, on vous a préparé une liste de nos incontournables !

Les grands rendez-vous

Encore cette année, le FIJM invite le public montréalais à communier autour de grands noms qui ont façonné la musique. Commençons par le passage du groupe portoricain El Gran Combo de Puerto Rico à la Salle Wilfrid-Pelletier, le 29 juin. Véritable institution, surnommée « l’université de la salsa », cette formation légendaire transporte ses irrésistibles rythmes latins sur les scènes mondiales depuis plus de soixante ans.

Autre rendez-vous à la fois historique et électrique : Marcus Miller – We Want Miles!, le 25 juin à la Maison symphonique; un spectacle pour célébrer le 100e anniversaire de naissance de Miles Davis. La soirée sera sous la férule du bassiste Marcus Miller, qui sera entouré de membres originaux du groupe qui a accompagné l’illustre trompettiste durant les années 1980.

Enfin, une première attend les festivaliers. Lorraine Desmarais & Friends (Théâtre Jean-Duceppe, le 27 juin) promet une alchimie totale entre la grande pianiste de jazz montréalaise et trois artistes d’exception : le tromboniste Alain Trudel, le contrebassiste Éric Lagacé (connu pour sa collaboration avec Oliver Jones), et Paul Brochu, l’ancien batteur d’UZEB.

Le FIJM… symphonique!

Le FIJM a toujours eu cette force, celle de rappeler que la curiosité est une forme de fidélité à l’esprit du jazz. Cet été, deux propositions incarnent à merveille ce croisement entre traditions, culture pop et puissance orchestrale.

D’abord, Max Richter et l’American Contemporary Music Ensemble illumineront la Salle Wilfrid-Pelletier le 25 juin. Figure majeure de la musique classique contemporaine, Richter signe des œuvres qui ont cette qualité rare de parler au corps autant qu’aux neurones.

Dans un registre complètement différent, St. Vincent débarque à la Salle Wilfrid-Pelletier le 28 juin pour une relecture de son répertoire Indie/art rock en mode « symphonique ». Cette série de concerts prend des morceaux déjà riches en textures et les fait basculer dans une dimension grand format, portée par des arrangements et un orchestre qui en élargissent la palette. Une collision des genres qui va à ravir avec la musique de cette artiste singulière, gagnante de six Grammy Awards.

Rencontres exploratoires

Le jazz, c’est aussi l’art de se laisser transformer par les rencontres inattendues. 

Plongeons d’abord dans l’univers folk, minimaliste et introspectif d’Arielle Soucy, le 30 juin au Théâtre Jean-Duceppe. L’autrice-compositrice-interprète montréalaise s’est imposée sur la scène musicale québécoise ces dernières années avec un son enveloppant, réconfortant… presque thérapeutique !

L’édition 2026 nous convie aussi à une rencontre avec Chief Xian aTunde Adjuah, le 1er juillet au Théâtre Jean-Duceppe. Ce compositeur et artiste multi-instrumentiste nourrit un univers fait d’hybridations où les rythmes, les textures et les héritages se répondent. Voyez cet artiste qui collectionne, depuis plus d’un quart de siècle, les prestigieuses collaborations : Prince, Thome York, Flea (Red Hot Chili Peppers), Marcus Miller, etc.

Changement de fréquence le 2 juillet : Tortoise hypnotise le Théâtre Maisonneuve ! Depuis quarante ans, ces pionniers du mouvement post-rock, originaires de Chicago, s’adonnent aux explorations sonores en fusionnant l’énergie du rock indie avec des influences jazz, électroniques et ambiantes.

La mémoire du jazz à l’écran

Un festival n’est pas seulement une vitrine du présent : c’est aussi l’occasion d’entretenir une mémoire collective. C’est ainsi que la projection du documentaire UZEB en fusion, le 29 juin à la Salle Ludger-Duvernay du Monument-National, revient sur le parcours d’un groupe phare de la scène d’ici. L’une des figures de proue du jazz fusion, UZEB a marqué les années 1980 grâce à une exécution technique ahurissante et une quête inlassable de nouvelles sonorités. Le trio formé par Michel Cusson (guitare), Alain Caron (basse) et Paul Brochu (batterie) a par ailleurs été pionnier dans l’adoption de la technologie MIDI.

Ce documentaire, réalisé par Philippe Frenette-Roy, retrace le parcours du groupe mythique, de ses débuts à Drummondville au milieu des années 1970 jusqu’à son succès planétaire. 

En somme, cette 46e édition du FIJM réussit magistralement son pari d’unir des univers musicaux parfois opposés. Le futur du jazz s’écrit ici, dans l’hybridation et l’audace. Pour le festivalier, la feuille de route est simple : choisir, se perdre, recommencer…

Le Festival international de jazz de Montréal, du 25 juin au 4 juillet 2026.

Événements à venir

Auteur : Steve Proulx Date : 9 juin 2026

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