Jeux vidéo : de la console à la scène
Le jeu vidéo ne se contente plus de vivre dans sa console. Désormais, les univers vidéoludiques prennent d’assaut les plus grandes salles de spectacle.
Entre symphonies épiques avec Distant Worlds et prouesses circassiennes avec Heredis – Échos du passé, découvrez comment les univers numériques fusionnent avec les arts de la scène pour offrir des moments inédits.
Nous avons discuté de cet engouement avec le chef d’orchestre de renommée internationale Arnie Roth, qui reviendra à la Place des Arts en mai pour présenter Distant Worlds, un spectacle immersif conçu comme un collage des morceaux les plus emblématiques de la saga culte FINAL FANTASY.
Une musique de tous les possibles
Selon Arnie Roth, l’interactivité est ce qui distingue la musique de jeux vidéo de la musique de film. « Selon ce que fait le joueur, explique-t-il, cela détermine le chemin qu’on emprunte pour aller au bout du jeu… et la musique qu’on entend. »
Autrement dit, la musique n’accompagne pas un récit linéaire, mais se déploie en fonction d’une multitude de choix, de trajectoires, de bifurcations. Dans un jeu de rôle comme FINAL FANTASY, où le joueur « devient » le personnage, « on se retrouve donc lié à la musique associée à son personnage, à ses batailles, aux mondes qu’il parcourt », souligne le chef d’orchestre.
« C’est la raison pour laquelle ces musiques sont si coûteuses à produire, poursuit-il, car elles comportent de multiples arborescences. Il y a toutes sortes de sentiers différents, et une musique distincte accompagne chacun d’eux. »
De la culture « gamer » à la culture tout court
Celui qui promène le spectacle Distant Worlds : Music from FINAL FANTASY autour du monde depuis près de 20 ans note une reconnaissance institutionnelle de plus en plus grande envers la musique de jeux vidéo.
Les salles de spectacle, dit-il, programment ce genre de concerts parce qu’ils attirent un public neuf. En revanche, la question n’est plus de savoir si cette musique est légitime, mais comment elle peut « polliniser » une autre génération de mélomanes.
Il tranche : « Est-ce qu’une partition de Nobuo Uematsu peut côtoyer des œuvres de Bruckner ou de Schubert? Il ne fait aucun doute que oui. »
Le chef d’orchestre croit d’ailleurs que la musique de jeux vidéo, qui attire essentiellement des gamers, est une belle occasion d’initier un nouveau public à la musique orchestrale. « On fait salle comble, et beaucoup de gens qui viennent nous voir assistent à un concert classique pour la première fois », dit-il.
Se déplaceraient-ils ensuite pour entendre du Stravinsky? Dur à dire. « Mais j’ai souvent fait valoir que tous les compositeurs de musique de jeux vidéo s’appuient sur l’héritage de ceux qui les ont précédés, souligne le chef d’orchestre. Quand j’écoute la musique d’Uematsu, j’y entends Prokofiev, j’y entends Tchaïkovski, j’y entends toutes les influences qui l’ont nourri. »
Toute une culture musicale réinvestie dans des mondes interactifs, en somme. Et si la culture se définit par ce que l’on partage, fredonne et reconnaît, alors ces thèmes ont déjà gagné leur place dans le vaste répertoire de la musique universelle.
L’avatar prend vie
L’influence du jeu vidéo dépasse par ailleurs le cadre strictement musical pour fertiliser d’autres disciplines de la scène, créant des œuvres hybrides où les frontières entre le virtuel et le physique s’estompent.
En plongeant dans l’univers d’Assassin’s Creed, la nouvelle création de la troupe de cirque québécoise Les 7 Doigts, Heredis – Échos du passé, ne se contente pas d’illustrer une trame narrative ; elle transpose l’agilité et l’exploration propre au jeu dans une performance multidisciplinaire mêlant acrobaties de haut niveau, projections technologiques et narration immersive.
Cette convergence prouve que le patrimoine vidéoludique est devenu une matière première riche, capable d’inspirer un langage scénique total et de redéfinir notre rapport au spectacle vivant.
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