Place des Arts : mai sera théâtral

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Monologue, documentaire, satire, opéra, danse-théâtre… En mai, la Place des Arts trace un itinéraire théâtral savoureusement éclectique. Un foisonnement de formes scéniques où chacun et chacune trouvera son compte. Allez, venez voir les comédiennes et les comédiens! 

En solo 

Il y a le théâtre de l’intime : celui qui nous fait entrer dans la tête de l’artiste, seul sur scène, avec ses questions, son regard, ses démons. 

Depuis 2012, Mani Soleymanlou joue avec les chiffres. Après Un, Deux, Trois, Ils étaient quatre, Cinq à sept, Huit et Neuf, il remonte à l’origine de tout avec ZÉRO (du 21 au 24 mai au Théâtre Jean-Duceppe). Dans ce monologue rétrospectif, le dramaturge d’origine iranienne revisite ses propres fondations, en tant qu’homme et en tant qu’artiste. 

Ouvert à toute diversité corporelle (jusqu’au 8 mai) propose plutôt une expérience de théâtre autobiographique, dans un lieu propice aux confidences : les coulisses du Théâtre Jean-Duceppe. Le comédien Vincent Millard brise le 4e mur et confronte le public aux mécanismes de la grossophobie, y compris là où on ne l’attend pas, dans les « bonnes intentions » du milieu culturel. 

En duo 

Parfois, à deux, c’est mieux. Dans Science po 101 (13 et 14 mai à la Cinquième Salle), l’ex-députée de Québec solidaire Catherine Dorion et son ex-attaché politique Vincent Massé-Gagné font de la scène un espace démocratique. Peut-on espérer réparer ce monde, ou est-il déjà foutu? Votez et prenez la parole! 

Avec Architectures de la joie (le 23 mai à la Cinquième Salle), la romancière Anaïs Barbeau-Lavalette et le dramaturge Steve Gagnon portent à la scène une correspondance. Deux voix, une même quête : comment s’autoriser la joie dans un monde saturé d’injustices et de colère? 

Des questions collectives 

Pour qui aime voir le théâtre brasser de grands enjeux, trois suggestions. 

D’abord, Un nouveau jour (du 30 avril au 10 mai à la Cinquième Salle), une satire effervescente signée Jean-Philippe Baril Guérard. Dans un Québec enfin souverain, quatre créateur·trices s’enferment pendant 24 heures pour concevoir le spectacle qui doit inaugurer ce nouveau pays. Quelle vision du Québec l’emportera? 

Querelle de Roberval, fresque théâtrale nerveuse et corrosive adaptée du roman de Kev Lambert et mise en scène par Olivier Arteau, nous plonge de son côté au cœur d’un conflit de travail pour ausculter d’autres thèmes actuels : la violence sociale produite par le capitalisme, les normes de genre, et ce que les rapports de force révèlent de nous. Du 30 mai au 2 juin, au Théâtre Jean-Duceppe. Un spectacle présenté dans le cadre du Festival TransAmériques, qui célèbre sa 20e édition cette année. 

Aussi au programme du Festival TransAmériques, Baldwin and Buckley at Cambridge (en anglais, sous-titré en français, du 29 au 31 mai à la Cinquième Salle) s’attaque au mythe du rêve américain à travers l’intense joute verbale qui a opposé, en 1965, l’écrivain James Baldwin et l’intellectuel conservateur William F. Buckley Jr. Un théâtre d’archives où la pensée devient bras de fer. 

Le drame dans le corps… 

Dans Hamlet, prince du Danemark (du 13 au 23 mai à la Salle Ludger-Duvernay du Monument-National), création du danseur étoile Guillaume Côté et du grand Robert Lepage, Shakespeare se raconte par la danse. Spectres, apparences trompeuses, zones d’ombre : tout devient chorégraphie. On y découvre qu’un art dramatique peut se passer du texte sans rien perdre de son intensité. 

En parallèle, Les Grands Ballets revisitent un classique : Le lac des cygnes. Dans une dramaturgie singulière, les destins d’Odette, le Cygne blanc, et d’Odile, le Cygne noir, s’affrontent. Le Lac, du 28 mai au 7 juin à la Salle Wilfrid-Pelletier. 

…et de l’opéra ! 

On ne saurait oublier l’opéra dans ce parcours. Place à un récit qui n’a plus besoin de présentation : Carmen, d’après Bizet (du 2 au 12 mai à la Salle Wilfrid-Pelletier). Voix, orchestre, passions, jalousie, liberté revendiquée : tout y est, dans un souffle collectif qui donne la rare sensation d’assister à un mythe vivant. 

Au fond, ce que révèle le carrefour théâtral que devient la Place des Arts au mois de mai, c’est que le théâtre est moins un genre qu’un territoire : un vaste pays d’incontournables, de lieux qu’on aime revisiter, et de recoins inattendus où l’on se laisse dérouter… 

Événements à venir

Auteur : Steve Proulx Date : 23 avril 2026

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